diplômes à distance faciles

Les Licences les Plus Faciles : Le Vrai du Faux (Guide 2025)

Tu tapes « les licences les plus faciles » sur Google, et tu tombes sur des dizaines d’articles qui te promettent la lune. Le problème ? La plupart racontent n’importe quoi, ou se contentent de répéter les mêmes clichés sans jamais regarder les vrais chiffres.

Alors mettons les choses au clair tout de suite : une licence « facile » au sens où tu n’aurais pas besoin de bosser, ça n’existe pas. En revanche, certaines filières collent mieux à certains profils. Et c’est ça qui fait toute la différence entre galérer pendant trois ans et trouver sa voie.

On a épluché les statistiques officielles du Ministère, comparé les programmes, et compilé les retours d’étudiants. Voici ce qu’on en retient.

D’abord, c’est quoi une licence « facile » ?

Quand on gratte un peu, on se rend compte que cette notion de facilité recouvre en fait plusieurs choses très différentes.

Pour certains, une licence facile, c’est une licence sans maths. OK, ça se tient : si tu as passé ton lycée à souffrir en spé maths, tu n’as probablement pas envie de remettre ça à la fac. Dans ce cas, les licences de Lettres, d’Histoire ou de Philosophie sont effectivement des valeurs sûres — zéro équation à l’horizon.

Pour d’autres, c’est une licence où le taux de réussite est élevé. Là, c’est plus subtil. Un taux de réussite de 50%, ça veut dire qu’un étudiant sur deux obtient son diplôme en 3 ou 4 ans. C’est pas mal, mais ça veut aussi dire que l’autre moitié échoue ou abandonne. Et ce taux varie énormément d’une fac à l’autre.

Mais le vrai critère, celui qu’on oublie souvent, c’est l’adéquation entre tes centres d’intérêt et le contenu de la formation. Une licence de Lettres, c’est techniquement « accessible » si on regarde les prérequis. Mais si tu détestes lire, tu vas vivre un enfer pendant trois ans. À l’inverse, si tu dévores des bouquins depuis le collège, tu vas te régaler.

Les licences les plus faciles

Plutôt que de te balancer une liste de licences « faciles » sans contexte, voici un tour d’horizon honnête des filières souvent recommandées aux profils littéraires ou à ceux qui veulent éviter les sciences dures.

Lettres Modernes : le choix évident pour les amoureux des mots

C’est probablement la licence la plus naturelle si tu as un profil littéraire. Tu y étudies la littérature française du Moyen Âge à nos jours, la linguistique, l’histoire de la langue. Concrètement, tu passes ton temps à lire des romans, des pièces de théâtre, de la poésie, et à apprendre à les analyser finement.

Le taux de réussite tourne autour de 47% en 3-4 ans au niveau national, ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne. Mais attention, ce chiffre cache de grosses disparités. À l’Université de Haute-Alsace, plus de 65% des étudiants décrochent leur licence dans les temps. Dans d’autres facs, on tombe sous les 30%.

Ce qu’il faut savoir avant de t’engager : la charge de lectures est conséquente. On parle de plusieurs centaines de pages par semaine en période intense. Si tu n’aimes pas lire, passe ton chemin. Si tu adores ça, tu vas kiffer.

Côté débouchés, soyons honnêtes : avec une licence seule, c’est compliqué. La plupart des diplômés poursuivent en master (MEEF pour devenir prof, métiers du livre, communication…). C’est pas un problème en soi, mais autant le savoir dès le départ.

Histoire : pour ceux qui veulent comprendre le monde

La licence d’Histoire attire beaucoup d’étudiants qui cherchent une formation de culture générale solide. Tu y étudies les quatre grandes périodes (antique, médiévale, moderne, contemporaine) et tu apprends surtout une méthode : analyser des documents, construire un argumentaire, rédiger de façon structurée.

C’est une licence qui demande de la rigueur. Il y a du par cœur, forcément — les dates, les événements, les acteurs. Mais ce n’est pas que ça. Ce qu’on attend de toi, c’est de savoir problématiser, c’est-à-dire transformer un sujet en question de recherche.

Les taux de réussite sont dans la moyenne des SHS, autour de 40-45%. Comme pour Lettres, ça varie beaucoup selon les facs.

Le bon côté : cette licence prépare excellemment aux concours de la fonction publique. Si tu vises l’enseignement, la conservation du patrimoine, les bibliothèques ou l’administration, c’est un excellent point de départ.

Le moins bon : sans poursuite d’études ou sans concours, les débouchés directs sont limités. C’est une licence qui ouvre des portes, mais rarement directement sur un métier.

Philosophie : exigeante mais formatrice

Alors là, on entre dans une catégorie à part. La licence de Philosophie n’est pas « facile » au sens classique du terme. Elle demande une vraie capacité d’abstraction, beaucoup de lectures (et pas des lectures légères), et une rigueur intellectuelle importante.

Mais elle n’a pas de maths. Et pour certains profils, c’est ça le critère déterminant.

Ce qu’on y fait ? On lit les grands textes de la tradition philosophique — de Platon à Sartre en passant par Descartes, Kant, Nietzsche. On apprend à décortiquer des arguments, à construire des dissertations, à penser de façon structurée.

Le taux de réussite est autour de 40%, ce qui est correct sans être extraordinaire. Les abandons en première année sont fréquents, souvent parce que les étudiants n’avaient pas mesuré ce que ça implique vraiment.

Pour qui c’est fait : si tu as aimé la philo au lycée, si tu aimes réfléchir sur des questions fondamentales, si les textes complexes ne te font pas peur, fonce. C’est une formation qui développe des compétences précieuses partout : esprit critique, argumentation, expression écrite.

Pour qui c’est pas fait : si tu cherches une filière « tranquille » ou si tu veux des débouchés professionnels immédiats. La philo, ça forme l’esprit, mais ça ne mène pas directement à un métier (sauf l’enseignement via le CAPES ou l’agrégation).

LLCER : pour les passionnés de langues ET de culture

LLCER, ça veut dire « Langues, Littératures et Civilisations Étrangères et Régionales ». En gros, tu te spécialises dans une langue (anglais, espagnol, allemand, italien, etc.) et tu étudies en profondeur sa littérature et sa civilisation.

C’est la filière reine pour devenir prof de langues. Si tu vises le CAPES d’anglais ou d’espagnol, c’est par là que ça passe.

Mais attention à un piège classique : LLCER, ce n’est pas « je suis bon en anglais au lycée donc je vais réussir ». C’est une licence de lettres appliquée aux langues étrangères. Tu vas lire des romans en VO, étudier l’histoire de l’Angleterre ou de l’Espagne, faire de la traduction littéraire. Si tu n’aimes pas la littérature, tu vas vite déchanter.

Le taux de réussite est plus faible que dans d’autres filières littéraires, autour de 34%. Beaucoup d’étudiants arrivent avec un niveau insuffisant dans la langue choisie, ou sans réelle passion pour les aspects culturels et littéraires.

LEA : les langues version business

LEA (Langues Étrangères Appliquées), c’est l’autre grande filière de langues. La différence avec LLCER ? Tu étudies deux langues au lieu d’une, et surtout tu ajoutes des matières d’application : économie, droit, gestion, commerce international.

C’est une licence plus professionnalisante, orientée vers le monde de l’entreprise. Les débouchés typiques : commerce international, tourisme, logistique, communication multilingue.

Ce qu’il faut savoir : LEA demande un bon niveau dans les deux langues dès le départ. Et contrairement à ce qu’on croit parfois, ce n’est pas une licence « facile » — elle est pluridisciplinaire, ce qui multiplie les matières à maîtriser.

Le taux de réussite est similaire à LLCER, autour de 34%. Les abandons sont fréquents, souvent parce que les étudiants sous-estiment le niveau requis en langues ou la charge de travail liée à la pluridisciplinarité.

AES : le choix généraliste

AES (Administration Économique et Sociale), c’est un peu la licence « couteau suisse ». Tu y fais du droit, de l’économie, de la gestion, des sciences sociales. L’idée, c’est de te donner une culture générale dans tous ces domaines sans te spécialiser trop tôt.

Sur le papier, c’est séduisant. Tu ne fermes aucune porte, tu touches à tout. Dans la pratique, c’est plus compliqué.

D’abord, le taux de réussite est parmi les plus faibles : autour de 34%. Ensuite, le risque c’est de rester « généraliste » sans vraie expertise. À la sortie, tu sais un peu de tout mais tu n’es spécialiste de rien.

Pour qui c’est adapté : si tu as un projet précis (concours administratifs, RH, gestion) et que tu veux une formation polyvalente pour y arriver. AES peut aussi être une bonne passerelle si tu hésites entre droit et éco.